Une première ligne toute rouge, qui l’eut cru au sortir de la dernière séance d’essais libres du Grand-Prix de France, 11è manche du championnat du monde de Formule Un 2006 ? Michael Schumacher venait de voir son capot moteur partir en fumée sous l’effet d’une surchauffe d’un banc d’échappement, et Felipe Massa avait refreiné ses ardeurs, par mesure de sécurité pour le V8 de Maranello.
Ferrari aurait pu virer au rouge de la honte ou de la colère, mais c’est finalement avec plus de peur que de mal (aucun changement de moteur) et rouge de plaisir qu’elle termine la journée. Une première ligne 100% Ferrari – Schumacher a senti passer le boulet très près, Massa ne lui concédant que 17 millièmes de seconde -, comme à Indianapolis. Malgré une dernière charge en pneus neufs, le champion du monde en titre n’a rien pu faire contre les partenaires de Bridgestone chaussés de gommes rôdés, à l’image des deux tandems Ferrari et Toyota.
Le GP des USA devait rester comme un épiphénomène ? « Je m’attends à ce que les choses reprennent leur cours normal à Magny-Cours… » avait déclaré Pat Symonds au soir d’Indianapolis, avant d’ajouter intelligemment, trop conscient que rien n’est jamais acquis en F1 « ce qui signifie une bataille serrée entre nous, Ferrari et McLaren ! »
Pat ne s’est pas trompé de beaucoup. Seule McLaren manque à l’appel, en apparence, à l’issue des qualifications. Visiblement chargée en essence
Le top 10 est fermé par un tandem séduisant fait de jeunesse et d’expérience : Nico Rosberg confirme ses progrès en qualifications en positionnant sa FW28 au 9è rang, devant David Coulthard, qui a une nouvelle fois mis Klien sous l’éteignoir.
Les points communs entre Indianapolis et Magny-Cours se retrouvent également dans la chaleur torride qui règne dans
La constance et l'agressivité, dont ont déjà fait preuve les deux fers de lance des deux écuries de pointe du championnat. L'échantillon de bagarre qu'ils ont distillé cet après-midi est de bon augure pour le suspense dominical ! Schumacher s'était placé le premier au bout de l'allée des stands au début de la Super Pole, mais Alonso est venu se positionner à ses côtés, en mimant la topographie d'une grille de départ. Au feu vert, la R26 a profité de l'une des grandes forces - qui pourrait également être décisive demain à 14h - le départ. Les Michelin ont rapidement mordu le bitume, la puissance est passée au sol, l'Espagnol 'est faufilé devant l'Allemand... qui est revenu à la charge au freinage d'Adélaïde ! Cinq boucles plus tard, Fernando revenait sur Michael pour lui porté l'estocade et remporter le mini duel, histoire de faire du bien au moral. Mais le septuple tenait sa revanche 7 minutes plus tard sous la forme d'une fantastique Pole Position, la 68è de sa carrière.
