Dimanche 2 juillet 2006

Shoumi en FORCE...!


Ultra dominateur, Michael Schumacher a survolé le Grand Prix des Etats-Unis qu’il remporte pour la quatrième fois d’affilée. Jamais dans le rythme, Fernando Alonso doit se contenter de la 5e place et concède six points au championnat du monde sur son rival.


Pagaille au premier virage
Oublié la mascarade et les sifflets de l’année dernière, le plateau de la Formule 1 voulait obtenir le pardon d’un public d’Indianapolis sevré en 2005 et semble-t-il encore suffisamment fâché pour ne pas garnir entièrement les gradins du Motor Speedway au départ du Grand Prix. Pourtant, dix secondes seulement suffisaient aux pilotes pour offrir plus de spectacle qu’en une heure et demie l’an passé. Alors que Felipe Massa se permettait le luxe de faire l’intérieur à son aîné Michael Schumacher dès le premier virage, lequel devait ensuite résister à l’assaut d’un Fernando Alonso bondissant, un énorme carambolage se produisait à l’arrière, impliquant neuf monoplaces. Räikkonen, Speed, Montoya, Webber, Klien, Montagny, Button, les voitures d’à peu près tout le monde se touchaient, envoyant le pauvre Nick Heidfeld dans le décor avec une série de tonneaux impressionnants, heureusement sans conséquence physique pour le pilote allemand. Le safety-car faisait alors son apparition, le temps de faire un peu le ménage.

Alonso en délicatesse
Après cinq tours au ralenti, ce sont finalement treize voitures seulement qui pouvaient repartir ! Soit juste un tout petit peu plus que du double de l’année dernière, pour un public décidément pas verni. Massa, protégé par Michael Schumacher, reprenait donc sa marche en avant devant son coéquipier et les deux Renault d’Alonso et Fisichella. Plus véloce que le champion du monde, l’Italien doublait rapidement son coéquipier sans difficultés et partait à la chasse des deux Ferrari. On pensait alors l’Espagnol très chargé en essence et parti sur une stratégie à un seul arrêt, mais Alonso était tout simplement en difficultés pour la première fois de la saison. En panne d’adhérence et en constant sous-virage, le taureau d’Oviedo voyait même un petit peloton se former dans ses rétroviseurs, avec Barrichello, Ralf Schumacher, Trulli et Villeneuve, avant que le moteur de la BMW ne lâche le Canadien. Le champ libre devant lui, Fisichella multipliait de son côté les meilleurs tours en course pour revenir sur le duo de tête. Insuffisamment pour passer devant à l’issue de la première valse de ravitaillements aux alentours du 29e passage, qui permettait à Michael Schumacher de prendre l’avantage sur Felipe Massa.

Le festival Schumacher
En position idéale, le Baron Rouge creusait l’écart en tête du Grand Prix, réalisant à son tour le meilleur temps en piste alors que son rival au championnat du monde, Fernando Alonso, continuait son chemin de croix, rétrogradant à la 6e place après son deuxième arrêt, doublé par les deux Toyota de Jarno Trulli et Ralf Schumacher. Mais la mécanique lâchait l’Allemand à neuf tours de l’arrivée, boîte de vitesse bloquée. Largement devant, son grand frère gérait tranquillement son avance pour signer sa 4e victoire d’affilée sur le circuit d’Indianapolis, avec un hat-trick à la clé : pole, meilleur temps en course et victoire. Loin derrière, Fernando Alonso ne pouvait que constater les dégâts. 5e derrière Massa, Fisichella et Trulli, le champion du monde ne grimpe pas sur le podium pour la première fois de la saison. Surtout, il concède six points d’avance sur son rival le plus sérieux au classement du championnat du monde, qui revient à 25 longueurs. Il y a encore de la marge mais attention, la Scuderia est de retour !
Dimanche 11 juin 2006


Fernando Alonso n’est pas du genre à attendre de voir venir, malgré la formule ‘so British’ toute faite qu’il sert à chacune de ses présentations de Grand-Prix, comme la plupart de ses collègues, formatés pour régurgiter un ‘speech’ trop convenu. A Silverstone, Fernando n’a pas fait sien l’adage anglais ‘wait and see’. L’Espagnol a poursuivi sur sa lancée des qualifications (il avait dominé les 3 phases), en abattant ses atouts les uns après les autres, notamment dans la partie négociée autour de Bridge, où personne n’a fait un pli face au champion du monde en titre.

 

Le plus dur consistait pour Alonso à virer en tête à l’extinction des deux. La R26 étant spécialement conçue pour gérer au mieux les départs, le taureau d’Oviedo n’a pas eu à jouer des cornes, celles de la McLaren MP4-21 de Räikkönen restant à distance à l’abord de Copse. Aux avant-postes seul Nick Heidfeld mettait le feu aux poudres en se portant d’emblée au 6è rang d’une hiérarchie fidèle par ailleurs à celle des qualifications.

 

 

    

 

Seul espoir de Toyota de marquer des points (Trulli s’élançait de la 22è et dernière place à la suite du changement de son moteur et de sa non participation aux qualifications) Ralf Schumacher payait les conséquences d’un départ raté et se faisait harponner par Speed dès la première boucle. Webber et sa Williams ne pouvaient éviter la TF106B partie en crabe au milieu de la trajectoire. Le violent accrochage qui en résultait mettait les deux hommes hors courses mais indemnes, et forçait la voiture de sécurité à venir calmer des esprits échauffés par des températures sérieusement au-dessus des normales saisonnières du Comté de Northampton (28°C dans l’air, 47°C au niveau du tarmac de l’ancien aérodrome militaire).

 

Ce fut l’occasion pour Alonso de commettre la seule erreur d’un Grand-Prix par ailleurs en tout point parfait : au jeu du chat et de la souris derrière le safety car, l’Espagnol entamait une série d’accélérations/freinages violents des plus dangereux. Surpris, Kimi Räikkönen fut à deux doigts de heurter la R26, dans une manœuvre n’étant pas sans rappeler celle de Michael Schumacher à Monza en 2000, qui avait valu à l’inexpérimenté Button de venir s’écraser dans les rails de sécurité pour éviter son équipier Ralf Schumacher. La F1 pardonne aux grands champions, et la manœuvre d’Alonso passera rapidement dans les pertes et profits d’une course flamboyante, une copie conforme de Barcelone, le tracé qui se rapproche le plus de Silverstone.

 

          

 

Comme en Catalogne, Alonso s’est échappé à coups de dixièmes de secondes, Schumacher pointant en 3è position, incapable de porter une attaque sur le deuxième, Räikkönen endossant en Grande-Bretagne le rôle dévolu à Fisichella en Espagne. Comme sur le circuit de Catalunya, l’avance d’Alonso lui permit de gérer la deuxième partie de course après un ravitaillement impeccable. Comme en Espagne, Schumacher a mystifié le dauphin d’Alonso lors des pit stops, en signant les meilleurs temps dans les 2è et 3è partiels. Räikkönen n’a rien pu faire pour contrer l’Allemand, et s’est dès lors mis en demeure de retenir Fisichella, revenu dans ses roues dans les 10 dernières boucles. Malgré les invectives de son stand lui expliquant qu’il devait prendre sa revanche de Suzuka 2005 sur le Finlandais, Giancarlo ne parvint pas à faire trembler Kimi.

 

Si le podium de Bahreïn fut reconstitué à Silverstone, les positions au championnat sont toutes autres : Alonso caracole en tête et ne semble plus avoir de rival pour le titre. Derrière le carré d’as, on retrouve les seconds couteaux, Massa et Montoya, mais aussi les deux BMW, qui marquent toutes les deux des points et confirment leur montée en puissance. Dans le même temps, Honda poursuit sa descente aux enfers : le moteur neuf de Button est parti en flamme et Barrichello a chuté au 10è rang, 7.9 secondes seulement devant un superbe Jarno Trulli, remonté de la 22è place de grille.

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