Fisico, Imola a été une course assez décevante pour vous, que s’est-il passé ?
J’ai poussé autant que possible en course mais partir en 11ème position [sa place sur la grille] ne m’a pas facilité les choses. La voiture était très lourde et très difficile à piloter lors du premier relais. Cela s’est ensuite amélioré lors des relais suivants mais à Imola il n’y a pas tellement de possibilités en terme de stratégie et il est très difficile de gagner des places. Je suis resté coincé derrière Barrichello pendant une partie du deuxième relais mais malgré cela, j’ai réussi à remonter jusqu’à la sixième place. C’est frustrant mais nous savions que nous avions perdu toute chance de résultats dès les qualifications. Nous avons fait quelques erreurs mais cela ne se reproduira pas.
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Est-ce difficile de se remettre en selle après une telle course, lorsque vous savez que vous n’avez pas pu exploiter tout votre potentiel ?
Oui bien entendu, c’est très frustrant. Mais il faut rester concentré et motivé. Si vous perdez cela, vous ne pouvez pas continuer. Derrière Fernando et moi, il y a toute une équipe qui travaille autant que possible pour nous soutenir et nous donner la possibilité de gagner. C’est donc aussi pour eux que je veux gagner, pour les remercier de tout leur travail et de leur implication.
Rouler au Nürburgring signifie souvent rouler sous la pluie, cela vous inquiète-t-il ?
Oui c’est vrai, il peut souvent faire froid et pleuvoir sur ce circuit pendant le week-end ou pendant la course. Mais ce n’est pas un problème car je me sens très à l’aise dans ces conditions et mon style de pilotage plutôt coulé s’y prête très bien. Michelin a fait de bons progrès en ce qui concerne ses pneus intermédiaires et pluie, je ne pense donc pas que la pluie soit un souci pour l’équipe.
Le Nürburgring est un circuit complet, on dit qu’il y a un petit peu de tout, est-ce vrai ?
C’est un circuit intéressant c’est certain et je l’apprécie beaucoup. Il y a quelques virages lents comme le virage 1 et le 6. Ensuite, il y a aussi des chicanes de vitesse moyenne où l’on monte sur les vibreurs et où la voiture est toujours très nerveuse. Il y a des courbes rapides où il faut attaquer très fort tout en gardant une trajectoire parfaite pour être le plus rapide possible. Ce circuit conviendra bien à la R26, j’en suis sûr.
Comment voyez-vous la course de ce week-end ?
Je pense que nous serons aux avant-postes. J’ai une autre course à faire avec la nouvelle spec B du moteur RS26 mais la fiabilité semble excellente. Nous savons donc que les performances seront là. La voiture était très rapide l’an passé sur ce circuit, j’étais remonté depuis la voie des stands en sixième position, nous sommes donc confiants d’autant que les Michelin avaient très bien fonctionné ici également. La R26 sera rapide comme elle l’a été jusqu’à présent sur tous les circuits. Je suis certain que la compétition sera dure. Nous nous battrons pour le podium afin de marquer un maximum de points.
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Alain Dassas: J'ai toujours suivi la Formule Un avec un grand intérêt. En 2000, j'ai participé aux négociations portant sur le rachat de l'équipe Benetton par Renault. C'est de cette manière que j'ai rencontré Flavio Briatore; depuis, j'ai été impliqué directement ou indirectement dans les négociations commerciales avec Bernie Ecclestone.
Vous êtes le nouveau Président du Renault F1 Team. Quel sera votre rôle?
AD: Comme vous le savez, Flavio gère les équipes et la course avec le talent et le succès qu'on lui connaît. Mon rôle sera de m'occuper des aspects économiques et financiers afin d'obtenir une plus grande visibilité pour pouvoir investir à moyen et long terme. J'essaierai également de voir comment nos performances en F1 pourront être davantage exploitées par le groupe.
Quelles sont les perspectives financières pour l'équipe?
AD: Toutes les écuries, Ferrari y compris, tiennent à réduire les coûts de leur programme F1. Un équilibre acceptable doit être trouvé: nous voulons maintenir la qualité du spectacle offert, mais limiter la "course aux armements" que nous vivons en ce moment.
Les coûts peuvent-ils être réduits?
AD: Aujourd'hui, Renault absorbe 60% des coûts de son programme, et 40% sont couverts par le sponsoring et les revenus télé. Nous pouvons réaliser des économies sur nos coûts directs tout en maintenant notre niveau de sponsoring et en améliorant le système de répartition des revenus télé. Les définitions moteur et les essais privés sont deux secteurs dans lesquels les budgets peuvent être revus significativement à la baisse. Il faut que le futur règlement technique impose des limites plus strictes à tous les participants et nous permette de réduire nos dépenses afin de parvenir au meilleur équilibre que nous souhaitons.
Quel est le rôle de Renault dans la validation de ces propositions?
AD: Renault négocie en bonne position. Le coût moyen d'un programme F1, pour les grandes équipes, se situe entre 350 et 380 millions d'euros. Les plus gros budgets dépassent 500 millions. Dans ce groupe, Renault tient le cinquième ou sixième rang en termes de dépenses. Nous nous situons en dessous de la moyenne des coûts, mais nous gagnons. Ce qui fait réfléchir les autres.
© 2005-2006 Le Blog F1Malgré cela, il subsiste quelques doutes sur l'implication de Renault à long terme
AD: Nous avons déjà signé pour 2008, ce qui signifie que nous souhaitons continuer. La Formule Un est une passion pour une majorité des salariés de Renault et est un sport de notoriété internationale. Mais nous sommes réalistes également: avant de s'engager sur le futur, toute entreprise a besoin d'avoir non seulement de bons produits et nous les avons, mais également d'une bonne maîtrise de ses coûts. D'ici juin, nous devrions connaître la nouvelle équation économique et, si nous réalisons les économies que nous souhaitons, nous serons en mesure de nous engager précisément.
AD: Carlos Ghosn est tout à fait prêt à continuer. Il souhaite simplement exploiter les succès de la F1 dans des conditions économiques acceptables.
Quels bénéfices en tire Renault?
AD: La Formule 1 est un boost pour l'image, en particulier dans des secteurs tels que la qualité, la fiabilité et la technologie. Il est difficile d'évaluer précisément son impact sur les ventes, mais elle nous aide beaucoup en notoriété dans les pays où la marque n'est pas connue, et en image là où elle est connue. En interne, c'est aussi un facteur important de cohésion et de fierté. Nous travaillons dans le cadre d'un groupe multimétiers chez Renault sur le développement de notre engagement en F1, notamment en établissant ensemble différentes pistes pour exploiter notre succès. Cela passe par le marketing, le merchandising, les road show, mais aussi sans doute par le plan produit.
Quels défis l'équipe devra-t-elle relever entre aujourd'hui en 2007?
AD: Pour 2007, nous devons mettre en place un certain nombre de facteurs-clés. Tout d'abord, il nous faudra trouver un remplaçant à Fernando Alonso. Ensuite, nous devrons nous pencher sur le renouvellement du contrat de Flavio Briatore. C'est un élément indispensable de l'équipe et nous ferons tout pour qu'il reste. Enfin, nous devrons négocier une nouvelle phase côté sponsoring. Les secteurs financiers, la logistique, l'électronique sont des voies à développer pendant la disparition progressive du tabac.
